A) METHODE DE TOURNAGE

 

Voici les buts que nous nous sommes fixés en début de recherche:

- Déterminer la meilleure manière de réaliser les médias qui vont alimenter la base de données média : établir une liste d’objectifs à atteindre (quels médias pour quels contenus), concevoir un plan de tournage, déterminer les règles de tournage (indexation de certaines métadonnées lors du tournage par exemple) et enfin mettre en route une logistique adéquate pour ce projet particulier (planification précise et souple nécessaire).

A la fin de la phase 1, nos conclusions provisoires sont les suivantes:

- Liste d’objectifs: nous avons déterminé un cadre artistique à travers une liste de propositions;
- Plan de tournage: nous avons organisé les tournages via le blog, en nous donnant des priorités et des cadres de collaboration;
- Règles de tournage: voir ci dessous les pistes de réflexion;
- Logistique adéquate: nous avons privilégié l’hétérogénéité des supports et outils de prise de vue (afin de garantir un mélange aux subjectivités assumées); néanmoins, il apparaît que nous devons améliorer la manière de tourner (être plus précis et efficaces) et d’utiliser les métadonnées générées lors des tournages - voir plus bas pour des explications.

Vitrine dans mur

Une télévision de rue à Renens

 Afin de donner un cadre aux tournages, voici quelques pistes de réflexion :

- penser fragmentaire: il ne s’agit pas de filmer dans le but de construire une continuité narrative prédéterminée (comme n’importe quel film classique), mais de concevoir des “briques de base” (les médias) qui doivent pouvoir être combinés de manière ouverte (en fonction de l’analyse du parcours, à chaque fois unique et différent des autres parcours).
En effet, le but est de “dégrouper” un maximum les rushes en plans séparés et d’indexer dans la base de données des fichiers “indépendants” et combinables en fonction des métadonnées qui leur auront été ajoutées.
Le scénario du film final n’existe qu’à travers le parcours du visiteur; nous allons pouvoir simuler dans le système d’indexation des médias les combinaisons possibles entre les fichiers en fonction de leur placement et leur appartenance thématique afin de pouvoir améliorer leur intégration dans cette base de données (l’ajout des métadonnées).

- penser liens: autant lors d’une prise de vue improvisée que lors d’un tournage écrit, il s’agit d’analyser en temps réel les diverses couches qui se développent devant la caméra (thématique, action, protagonistes etc) afin de préciser son appartenance thématique et sa catégorisation narrative. D’une certaine manière, on peut dire que tout nouveau tournage découle et se développe de ce qui s’est passé sur les tournages antécédents - une phrase, un évènement, une situation peut nous amener à chercher des rebonds et développements…
L’une des raisons de faire des tournages collectifs réside dans le fait de savoir / sentir ce que font les autres, et donc de pouvoir lier son propre regard à l’ensemble des approches.

- penser obsession: plus le regard et l’attention est ciblée, meilleure pourra être la caractérisation de chaque média. Les combinaisons et liens entre médias fonctionneront mieux si chaque plan a véritablement une identité claire et directement lisible; s’il y a trop d’éléments et de possibles dans un plan, il est difficile d’y trouver un lien causal par rapport à ce qui précède et ce qui va suivre (dans le film final). Ce qui veut dire que les plans larges sont plus difficiles à intégrer que les plans serrés - mais il ne faut pas oublier d’en faire non plus…

- penser ouverture et combinatoire: un peu contradictoire par rapport à ce qui précède, mais en vue de pouvoir aboutir à des films qui s’adaptent le mieux possible à tous les type de trajets possibles (plus il y a de formes et approches différentes, plus le système pourra construire un film qui reprend les caractéristiques particulières d’un parcours).

- penser qualité: vu que chaque prise de vues (ou de son) doit exister en tant que telle, il est important de ne pas perdre d’esprit lors du tournage qu’il y a très peu de rattrapages possibles par après (contrairement aux montages classiques où il est encore possible de gommer des imperfections) - ce qui veut dire qu’il faut vraiment partir dans l’esprit du “tourné-monté” en veillant tout autant à la qualité du regard que de la technique.

- penser abstraction: comme développé plus haut, plus l’intention première du plan créé se décrypte rapidement, mieux ce média se “laissera” indexer et meilleures seront les combinaisons possibles. C’est dans ce sens que les films muets, ou plus généralement ceux qui développent un langage visuel fort vont nous servir d’exemple; le terme d’abstraction peut être vu comme un condensé de ce langage visuel fort.

- penser subjectivité: l’une des caractéristiques marquantes du projet est de partir avec le postulat qu’il faut avoir – dans le cadre d’un travail collaboratif - une constellation de points de vue à la subjectivité (originalité) marquée plutôt que de viser l’interchangeabilité. Le film résultant se base sur le pari de pouvoir passer d’une subjectivité à l’autre, d’un point de vue marqué à un autre.

Fenetre ouverte

Une scène d’intérieur

Tournage, métadonnées et CMS - vers une optimisation du workflow :

Comme indiqué plus haut, nous avons travaillé de manière à garantir une mixité des genres, des stratégies esthétiques et narratives (en minimisant pour le départ les contraintes d’ordre technique et méthodologique), dans le but d’être le plus ouvert face à ce que le territoire a à offrir.

Les repérages et premiers contacts se sont bien déroulés, il s’agit maintenant de poser des règles de jeu plus précises pour la suite.

La méthode de tournage - dérushage - catalogage pourrait être la suivante:

- faire des prises de vues le plus précises possible (un peu comme le “tourné - monté” au temps du Super-8): faire un arrêt caméra à chaque fois qu’une action s’est terminée;
- dans le cas de tournages avec une caméra utilisant les métadonnées (style HVX-200), définir en amont les champs éditables et y inscrire les données nécessaires (par exemple le nom du réalisateur, le lieu, etc)
- les dérushage doit se faire le plus précisément possible (en respectant la nomenclature) afin de considérer le média digitalisé comme étant directement utilisable par le système. Dans le cas de longs plans, la méthode pourrait être de capturer les longs plans dans leur ensemble puis d’exporter les extraits nécessaires par la suite
- le catalogage utilise un maximum les automatismes existants tout le long de la chaîne - dans l’idéal il s’agit de créer des scripts et autres presets afin de pouvoir générer des ensembles de métadonnées en fonction d’un ensemble de médias ayant des bases communes.