FILM-OBJET
Le film-objet résultant est une interprétation automatisée (autant objective que subjective) du parcours réalisé dans un espace urbain par un visiteur qui n’a pas connaissance des médias existants.
Ce ne sera pas une illustration didactique de ce qui existe dans l’espace urbain ou une visite touristique de la ville, mais une somme de propositions artistiques reliées par une logique de couplage des médias en territoires sensibles.
La combinaison de ces deux termes “film” et “objet” a pour but de ne pas percevoir et juger les résultats du dispositif comme étant des films « classiques », mais plutôt comme des objets visuels qui sont ouverts (zones d’éditions) et manipulables (ajouts d’éléments personnels dans ces zones d’édition) jusqu’au moment de la publication.
Également, il ne s’agit de pas de substituer un monteur par un marcheur; il est évident qu’un film conçu par un monteur (réalisateur) sera bien plus précis et maîtrisé - mais le projet entend sonder des possibilités qui sont explicitées dans la page enjeux et questionner le statut de l’auteur.
En effet, il s’agit d’expérimenter autour de la notion du montage à logique spatiale – ce qui semble couler de source au vu du sujet (l’espace urbain), de sa représentation (la carte) et de la base de donnes (superposition de strates de médias).
Malgré « l’augmentation » du film en objet interactif aux qualités autant temporelles que spatiales, nous resterons très attentifs à ne pas noyer le propos (attention à « l’effet CNN »), mais au contraire à provoquer une adhésion (pour ne pas dire identification) tant au niveau du contenu que de la forme. La question qui existe en filigrane dans ce projet est celle de la limite de « l’effet cinéma »…
Qu’est ce que l’on entend sous résultat narratif cohérent dans le cadre de ce projet ?
Comme décrit ci-dessus, il faut surtout que la logique conduisant au résultat final soit compréhensible autant par la personne qui réalisé le parcours que par n’importe quel autre spectateur du film-objet.
À partir de là, la cohérence étant établie, il s’agit de pouvoir raconter… C’est sur le degré de narration, c’est à dire la précision et l’énonciation avec lesquelles sont « traitées » les thématiques en jeu, que se portera une bonne partie de la recherche : quels sont les « briques » audio-visuelles (les médias) à intégrer dans la base de données média et avec quelles liens les métadater afin de permettre la construction narrative ?
En d’autres termes, à quelle dose est-il nécessaire d’avoir par exemple une voix off, un texte qui accompagne le « parcours » du film (intertitres), une unité stylistique claire, etc ?
Il s’agit de pouvoir répondre à cette question en produisant un certain nombre de films-objets test, puis à les faire évaluer par un comité composé de personnes internes et externes au projet.
Sur base de leurs retours, le concept qui va guider la mise en place publique du projet va déterminer le degré de narration (d’énonciation thématique) de chaque film-objet marché par le spectateur.

